Vous avez tenu. Dernier dossier bouclé, dernière réunion honorée, valises dans le couloir.
Et maintenant ? Maintenant, le corps devrait souffler… et pourtant quelque chose tourne encore. C’est le paradoxe de l’après-sprint : le cerveau continue sur sa lancée, même quand le moteur est à l’arrêt.
Cet article est fait pour vous aider à récupérer après un pic de stress et pour vous donner des pratiques concrètes à installer cet été, et à garder toute l’année.
Ce qui se passe dans votre corps après un pic de stress
Pendant une période de forte pression, votre organisme produit du cortisol et de l’adrénaline en continu. Ces hormones maintiennent le cerveau en état d’alerte : concentration accrue, sommeil léger, vigilance permanente.
Quand la pression retombe brutalement, le soir du dernier jour, ou le premier matin des vacances, le corps ne sait pas toujours comment gérer la descente. C’est ce que les chercheurs appellent le « let-down effect » : la migraine, la fatigue soudaine, le rhume qui tombe au pire moment. Votre système immunitaire, qui tenait sous adrénaline, lâche ce qu’il retenait.
La bonne nouvelle : comprendre ce mécanisme permet de l’anticiper.
Ralentir progressivement dans les jours qui précèdent les vacances, pas d’un coup le dernier soir, est la meilleure prévention.

Ralentir : pourquoi c’est contre-intuitif (et essentiel)
En 2004, le journaliste canadien Carl Honoré publiait « Éloge de la lenteur », un livre qui allait devenir une référence mondiale du mouvement Slow. Sa thèse de départ est simple : nous vivons dans une culture de l’accélération permanente, où la vitesse est devenue une valeur en soi, presque une vertu. Aller vite = être efficace = avoir de la valeur. Ralentir = perdre du temps = régresser.
Vingt ans plus tard, le constat n’a pas bougé. Et pourtant, du point de vue physiologique, ralentir volontairement est précisément le contraire d’une perte : c’est un signal de sécurité envoyé au système nerveux autonome. Le nerf vague s’active, le rythme cardiaque se stabilise, le cortisol diminue.
Ce que Carl Honoré défend comme une reconquête du plaisir et du sens, la sophrologie le confirme par la physiologie : le corps a besoin de lenteur pour se réguler.
L’été amplifie encore le phénomène
Ajoutez à cela la chaleur de l’été : quand la température monte, votre corps consacre une part significative de ses ressources à la thermorégulation. Il reste donc moins d’énergie disponible pour le mental, la concentration, la patience. Ralentir en été n’est pas une option, c’est ce que votre biologie vous demande, en écho à ce que Carl Honoré appelait déjà « l’intelligence de la lenteur ».
Et les vacances dans tout ça? Elles ne sont pas automatiquement synonymes de repos. Combien de personnes reviennent épuisées d’un été pourtant « bien rempli » ? Un programme de vacances chargé comme un agenda de novembre, c’est le même rythme, en tongs.
Honoré l’avait formulé autrement : «Le problème n’est pas la vitesse elle-même, c’est de ne plus savoir s’arrêter.» Le repos véritable est une pratique et ça s’apprend.
4 pratiques pour récupérer après le stress : à installer cet été (et à garder toute l’année)
1. La respiration carrée pour calmer le système nerveux en 5 minutes.
Imaginez un carré devant, ou dessinez-le du bout de l’index sur votre cuisse ou sur un support à côté de vous (table, …)
Inspirez par le nez (4 secondes) · retenez poumons pleins (4 secondes) · expirez lentement par la bouche (4 secondes) · restez en suspens poumons vides (4 secondes).
Recommencez 5 à 10 fois. Le geste du doigt occupe le mental, le rythme régulier apaise le corps. Si les temps de pause sont inconfortables, réduisez à 3 secondes : la régularité prime sur la durée.
Quand l’utiliser : au réveil, avant un appel difficile, après une scène de circulation, au lit le soir.
Astuce : trouvez votre rythme pour rester dans une pratique confortable : 3, 4, 5 secondes : pas de challenge, juste ralentir.
2. Les mots fléchés, sudokus, jeux de société pour sortir du mental qui tourne.
Quand le cerveau rumine, les dossiers non terminés, les situations non résolues, lui donner une tâche unique et légèrement engageante est l’un des moyens les plus efficaces de l’extraire du mode « veille anxieuse ».
Les mots fléchés, le sudoku, un puzzle, un jeu de société : tous partagent la même vertu. Ils capturent l’attention sur une seule chose, créent un état proche du flow et mettent les ruminations en veille. Ce n’est pas de la procrastination. C’est de la récupération.
3. La visualisation positive pour créer des ressources internes.
Choisissez un moment agréable de votre journée, une lumière, un paysage, un instant simple. Installez-vous confortablement, fermez les yeux.
Revivez ce moment avec tous vos sens : les couleurs, les sons du plus lointain au plus proche, les odeurs, la température de l’air sur votre peau. Laissez une sensation de bien-être s’installer dans votre corps. Puis choisissez un mot ou une courte phrase qui capture cet état, votre mot-ancre.
En répétant cette pratique régulièrement, vous créez un souvenir-ressource : un état que votre cerveau apprend à retrouver à la demande, bien après l’été. 5 minutes par jour suffisent.
4. Le journaling en double usage : vider ET savourer.
Le journaling a deux modes, complémentaires:
Le mode «vider» : prenez une feuille (pas un carnet soigné, une feuille ordinaire) et écrivez en vrac tout ce qui encombre votre tête. Pas de relecture, pas de structure. L’objectif est de sortir du mental ce qui tourne en boucle et de l’externaliser: une fois sur le papier, le cerveau n’a plus besoin de le garder en mémoire active. Vous pouvez déchirer la feuille ensuite.
Le mode «savourer» : chaque soir, notez 3 kifs du jour. Pas des performances ni des accomplissements, juste trois moments agréables, aussi petits soient-ils. Un café sur la terrasse. Un échange avec quelqu’un. La lumière à une certaine heure. Ce rituel entraîne le cerveau à scanner le quotidien pour y trouver du positif, ce que les neurosciences appellent le « biais de négativité » tend à nous faire faire exactement l’inverse par défaut.
Ces deux pratiques ensemble, vider le soir, savourer avant de fermer les yeux, peuvent transformer la qualité de votre sommeil en quelques semaines.
Astuce : en mode « savourer », vous pouvez prendre un joli carnet qui vous permettra de revenir à vos kifs en cas de période de « down ».
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En résumé
Carl Honoré terminait son livre sur une image : celle d’un monde qui ne renonce pas à la performance, mais qui réapprend à choisir son rythme.
« Le but n’est pas de tout faire lentement, mais de reprendre le contrôle de son tempo. »
C’est exactement ce que proposent ces quatre pratiques. Pas de renoncement, pas de ralentissement total mais des espaces de récupération intentionnels, dans lesquels le système nerveux peut se réguler, et la personne entière peut reprendre son souffle.
Ralentir n’est pas abandonner. C’est choisir d’arriver quelque part autrement qu’épuisé·e.
Ces quatre pratiques sont simples mais simples ne veut pas dire faciles. Elles demandent une décision : celle de s’accorder le temps de les faire. Cet été peut être l’occasion de les tester, une par une, à votre rythme.
Et si vous souhaitez aller plus loin, comprendre, ce qui vous empêche de ralentir spécifiquement dans votre vie et apprendre à trouver un meilleur équilibre, l’appel découverte est fait pour ça : 20 minutes offertes pour faire le point ensemble. Lien en bas de page.
| À propos Je suis Valérie Fanget, sophrologue certifiée RNCP et hypnothérapeute, fondatrice de Mieux Vivre Sophrologie. Je reçois au cabinet à Paris 10e (Espace Terapya) et en visio. J’accompagne les actifs à réguler leur stress et leurs émotions au travail, les étudiants pendant les révisions et avant les examens et les personnes en parcours de soins. J’interviens également en entreprises autour des thématiques du stress, du sommeil, des aidants. |
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